Les entreprises vont-elles devoir prévoir un local supplémentaire ... la "salle de séquestration" ?
Depuis mardi, des salariés grévistes de la filiale française d'un groupe mondial
d'adhésifs industriels SCAPA FRANCE retiennent leurs dirigeants
pour protester contre un plan social.
Une soixantaine de salariés, affectés par l'annonce en février dernier
de la fermeture prochaine du site implanté à Bellegarde-sur-Valserine, a décidé de séquestrer mardi soir
quatre dirigeants de l'entreprise afin de protester contre les suppressions d'emplois.
La semaine dernière, ce sont des salariés grévistes de la filiale française du constructeur
américain d'engins de chantier Caterpillar qui ont séquestré leurs dirigeants pendant plus de 24 heures à Grenoble, dénonçant un plan social prévoyant 733 suppressions
d'emplois.
Peu avant, les patrons de Sony France et de la filiale française de l'américain 3M
avaient, eux aussi, été séquestrés environ 24 heures par des
salariés en colère.
Si 45% des Français trouvent "acceptable" de séquestrer les dirigeants des entreprises qui ferment ou annoncent des licenciements, Nicolas Sarkozy a promis de faire respecter la loi :
"Qu'est-ce que c'est que cette histoire d'aller séquestrer des gens? On
est dans un Etat de droit, il y a une loi qui s'applique, je la ferai
respecter"
Quant à Ségolène Royal, qui avait dit le week-end dernier comprendre la
"révolte" des salariés et dont les propos ont provoqué de vives
réactions de l'UMP, elle a de nouveau accusé mardi le "pouvoir en place"
d'être "en partie responsable de ces tensions, de ces exaspérations".
"C'est faute d'avoir un pouvoir qui règle les problèmes que les
tensions surgissent dans les entreprises et sur les territoires"
Quoi qu'il en soit, la séquestration paie ! ... Puisqu'on vient d'apprendre, en ce qui concerne la SCAPA, que la direction, qui proposait mardi soir 890.000
euros de primes de départ au total, a presque doublé sa proposition, à
1,7 million d'euros, au terme de trois heures de réunion à la mairie
mercredi après-midi.
Ces propositions ont satisfait la majorité du personnel, lors d'un vote
à mains levées, ont indiqué les syndicats, et une assemblée générale
doit s'exprimer, ce jour, sur la reprise du travail, une fois précisées les
modalités de répartition des primes par ancienneté.
En ce qui concerne le sort des quatre cadres retenus, «On les a retenus mais ils ont bien mangé, ça a été sympathique, ils ne nous en veulent pas», a souligné Christophe Bougret, délégué CGT.
En conclusion, si vous prévoyez une séquestration, pensez à alimenter
un buffet convenable, votre action vous sera à moitié pardonnée !
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