Le président du Conseil français du Culte Musulman (CFCM), Dalil
Boubakeur, avait déploré mercredi 7 février une "politisation" du procès
des caricatures et appelé à la "retenue", sans pour autant suspendre
ses travaux au terme d'une réunion "exceptionnelle" après le soutien
apporté à Charlie Hebdo par Nicolas Sarkozy, ministre des relations
avec les cultes et candidat UMP à la présidentielle.
Comment reprocher une politisation sur un sujet aussi politique :
- un choix de société,
- la liberté d'expression
- la laïcité ?
Le procureur de la République, Anne de Fontette, a donc requis jeudi la
relaxe de Philippe Val, directeur de publication de Charlie Hebdo,
poursuivi devant le tribunal correctionnel de Paris pour avoir publié
des caricatures controversées du prophète Mahomet.
Le jugement sera rendu le 15 mars.
La
représentante du ministère public a estimé que les trois caricatures
visées par la Grande Mosquée de Paris (GMP) et l'Union des
organisations islamiques de France (UOIF) comme étant une injure à
l'encontre des musulmans, ne constituaient "pas une attaque contre des
convictions religieuses en tant que telles".
La première est un dessin de Cabu publié en une et représentant le
prophète Mahomet se prenant la tête dans les mains et déclarant :
"C'est dur d'être aimé par des cons".
Le procureur a pris en compte le fait que ce dessin était surmonté
d'une légende visant spécifiquement les intégristes et ne pouvait donc
pas être considéré comme une injure à l'encontre de l'ensemble de la
communauté musulmane.
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